DATASOLUTION : accélérer la création sans uniformiser les marques
Lors de la journée Influence IA organisée par OUR(S) mardi 13 octobre, Lucas Vallée, directeur de création chez DATASOLUTION, a défendu le rôle du designer face à l’IA générative : cadrer, choisir et garantir la cohérence des productions.

Lucas Vallée, directeur de création chez DATASOLUTION, lors de la journée Influence IA
La génération d’images et de sites web est désormais accessible à un grand nombre d’utilisateurs. Mais selon Lucas Vallée, directeur de création chez DATASOLUTION, les résultats obtenus à partir de consignes simples tendent à se ressembler : typographies multiples, visuels surchargés, titres sur plusieurs lignes et boutons d’action récurrents. Nous avons tous vus cet été des affiches pour des fêtes de village ou d’associations, générées au kilomètre, avec un air de famille.
« Ce qui n’est pas terrible, c’est que c’est interchangeable », résume-t-il. Changer le logo sans modifier la structure ni les codes graphiques ne suffit pas à distinguer une marque. La démocratisation des outils s’accompagne ainsi d’une production massive de visuels parfois sans direction créative.
Le designer, garant du cadre
Face à ce risque, Lucas Vallée défend le rôle du designer : apporter un regard humain, comprendre le contexte et les besoins des utilisateurs, puis faire des choix. « L’IA, c’est un accélérateur incroyable, lié à l’expertise humaine et surtout métier », explique-t-il.
DATASOLUTION a notamment intégré son design system (l’ensemble des règles et composants qui structurent une identité visuelle) dans les outils d’IA utilisés en interne. L’objectif est de permettre aux équipes de produire des supports cohérents en respectant les règles d’usage définies. Le designer définit le cadre et garantit la qualité.
L’IA peut aussi enrichir les benchmarks, aider à analyser les besoins et fournir de la matière pour les ateliers avec le client. Le designer doit ensuite compléter, corriger et hiérarchiser ces éléments. Les outils permettent de générer rapidement des prototypes cliquables pour tester des pistes et valider une direction.
Des projets plus rapides, sous contrôle
Un prototype de chatbot conçu par DATASOLUTION pour un outil interne a demandé environ une demi-journée de travail créatif, puis moins de deux semaines pour être intégré, testé et mis en ligne. Une interface de configuration de maillots de sport a, elle, été prototypée en moins de deux jours.
L’IA ouvre également des possibilités pour les contenus visuels et vidéo : créer des scènes difficiles à tourner, ajuster la météo ou donner du mouvement à d’anciennes images. Mais la rapidité ne dispense pas de vérification. Dans une vidéo, une coupe de cheveux qui change entre deux plans ou une course qui passe de la nuit au jour en quelques secondes révèle une incohérence. Pour une marque comme Porsche, chaque détail du véhicule doit aussi rester fidèle au produit. Car, prévient Lucas Vallée, « il faut contrôler absolument tout et avoir la maîtrise de tout », insiste le directeur de création.
Le rythme d’évolution des logiciels est tel qu’il est impossible d’imaginer pouvoir les maîtriser parfaitement, les uns après les autres. L’essentiel est de disposer d’une méthode, de fixer une direction et de savoir ce que l’on veut produire.



