Sup de Pub : Nos étudiants conçoivent, l'IA exécute

À Influence IA, Caroline Gros et Étienne Porteaux (Sup de Pub, HEIP) ont présenté trois usages de l’IA : un LLM maison, des étudiants formant des dirigeants de PME, et Match’Up, outil d’insertion professionnelle. Fil rouge : l’esprit critique.

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Sup de Pub : Nos étudiants conçoivent, l'IA exécute

« Ce n’est pas parce qu’on a des outils qui nous aident à être plus performants qu’il faut perdre son esprit critique »

Un enseignant américain glisse le mot « Madagascar » dans l’énoncé d’un devoir. Mais il est dissimulé en blanc sur blanc. Résultat : 32 des 35 étudiants ayant utilisé l’IA rendent des devoirs, le mot surgit au milieu des phrases, sans qu’ils s’en aperçoivent, faute d’avoir relu leur copie avant de la rendre.

Étienne Porteaux, directeur général de Sup de Pub et de HEIP, raconte cette anecdote lors de la journée Influence IA organisée par OUR(S). Une illustration de ce que l’école refuse : l’IA utilisée sans regard critique. Sa conclusion : « Ce n’est pas parce qu’on a des outils qui nous aident à être plus performants qu’il faut perdre son esprit critique. Et on ne le lâchera jamais sur ce sujet-là. »

Avec Caroline Gros, directrice déléguée de Sup de Pub et HEIP Lyon, il rappelle le positionnement : une école « hybride » de la communication, entre stratégie et création, qui forme avec des professionnels depuis plus de 40 ans. Sup de Pub fait partie d’Omnes Education (40 000 étudiants, 21 campus). L’IA est intégré à l’ensemble des programmes comme l’a été le digital il y a vingt ans, sans devenir « une école de l’IA ». Sup de Pub utilise l’IA avec trois axes : outiller les étudiants avec les attendus des recruteurs, inverser les rôles via des temps de Reverse Mentoring, libérer leur créativité, esprit critique et surtout mise en place de réseaux professionnels.

OmnIA Campus, un LLM sécurisé qui intègre les cours des intervenants

Premier levier, OmnIA Campus, un LLM interne développé après l’arrivée de ChatGPT et testé plus de deux ans avant son ouverture aux étudiants à la rentrée de septembre 2026. Il intègre les cours des intervenants, qui en restent néanmoins propriétaires. Pour eux, il propose quiz, tests et études de cas afin d’animer leurs cours. Pour les étudiants, il aide à revoir les notions et se comporte comme une sorte de répétiteur personnel.

L’analyse des résultats permet aux équipes d’alerter plus tôt sur un étudiant en difficulté, pour « un point humain ». « Aucune copie n'est corrigée par l'IA et cela ne changera pas pour garantir l'obtention des certifications de nos étudiants sur des contrôles et avis humains », assure Étienne Porteaux, attaché à des retours nourris et différents d’un étudiant à l’autre.

Les étudiants forment les dirigeants

Deuxième levier : le « reverse mentoring ». Alors que seulement 15 % des PME ont implémenté l’IA, le Printemps de l’IA des PME a réuni 100 dirigeants, formés par des étudiants du groupe. Derrière, un changement : le marché de l’alternance se tourne vers les annonceurs et les PME, qui veulent des profils 360, alors que les juniors d’agence sont vite remplacés par l’IA. L’école remet donc des cours de culture générale et publicitaire. Quant au prompt, l’adage d’agence sur le brief s’y applique : « c’est dans les aspérités qu’on va apporter, dans la manière dont on pose une question à l’IA que la réponse va apporter de sa richesse. »

MatchUp et l’emploi des jeunes

Troisième levier, MatchUp : 17 % des étudiants cherchent un stage, une alternance ou un premier emploi. Caroline Gros présente cette plateforme propriétaire, qui agrège les offres de plus de 10 000 entreprises partenaires et génère un « matching kit » de préparation à l’entretien : positionnement de l’entreprise, atouts du profil, points faibles à travailler. « C’est toujours un échange entre la machine et l’homme », insiste-t-elle. Des job rooms proposent aussi des simulations d’entretien, car il faut, dit-elle, « sortir un peu de derrière vos écrans ». Face aux logiciels de tri de CV, Étienne Porteaux suggère d’avoir deux CV, dont un créatif avec portfolio : « L’outil est là pour aider l’étudiant dans sa recherche, il n’est pas là pour lisser un monde. »

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